Le meilleur des mondes possibles est affaire de volonté politique

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Eschyle a dit des Grecs, et des Européens en général, qu’ils n’étaient ni les esclaves ni les sujets de personne et préféraient mourir en Hommes libres que de subir le joug de l’oppression !

Nous nous demandons aujourd’hui si les citoyens d’Europe, de France et de Corse ne se trouvent pas devant la situation décrite par le poète grecque antique.

La crise du COVID19 a entraîné une restriction des libertés publiques tellement drastique, qu’il faut chercher loin dans la mémoire de nos Anciens pour retrouver de telles mesures ! la France faisant d’ailleurs, une fois de plus, la démonstration, qu’elle est Championne du Monde en matière de tracasseries de l’Etat contre le peuple. Qui aurait imaginé, il y a seulement 1 an, que l’on devrait fournir une attestation signée pour sortir promener son Chien devant la maison !

Aurons-nous encore longtemps le choix ? Que vaut la force de nos indignations ?

Comment sefait-il qu’aujourd’hui les démocraties sont en périls ?

Sommes-nous toujours capables de résilience et d’humanité ?

Peut-être y a-t-il une obligation de modifier profondément notre système sociétal, sous peine à moyen terme d’éclatement et d’une crise grave, qui mettrait sa continuité en péril.

Les mouvements sociaux à travers le monde sont de plus en plus importants ainsi que leurs manifestations et sont plus fortement réprimés à chaque nouvelle poussée de revendication, de tel mouvement écologiste ou tel mouvement social ou catégoriel de fond.

Pourtant, en France et« dans le monde développé » les représentants du peuple, direct et indirect, les « élites » ou plutôt devrait-on dire, l’oligarchie, ceux qui ont eu la chance de faire des études et de prendre des places de décideurs,participent de ce maintien de forme d’un ordre social, que le peuple ne veut plus. Il y a donc là pour beaucoup une sorte trahison.

Bien des gens ne veulent plus accepter une violence sociale de spoliation basée sur une croissance qui apparaît de plus en plus fermée et qui fait douter sur sa forme démocratique à ne pas vouloir s’ouvrir, se transformer.

On voit des populations inquiètes pour l’avenir et on ne peut, à chaque nouveau mouvement naissant le taxer « d’être un mouvement de gens violents » et ne rien faire sur le plan politique !

Il ne s’agit pas là de redistribuer uniquement l’argent pour acheter la paix sociale, mais il s’agit d’inventer une modification profonde de la société. Il va être de plus difficile d‘acheter les gens, même le plus pauvre.

De toute évidence, les citoyens ne veulent plus se satisfaire d’un système "spoliatif" et privatif de libertés »où le corps intermédiaire a trahi.

Ce corps intermédiaire composé de femmes et d’hommes journalistes, intellectuels, économistes, politiciens, haut-fonctionnaires, cadres dirigeants et autres ne font que maintenir l’ordre dogmatique normé et dysfonctionnel, une vision du monde par le truchement du tout économique ou du tout sanitaire au détriment de l’Humain.

Les exemples, dans le monde sont nombreux, que ce soit au Chili, au Liban, en Algérie, à Hong Kong ou en France,les gouvernements ne font plus de politique mais de la police (et la France tient la tête dans cette course)

La pandémie du COVID19 a accru le fossé entre les pays vertueux, faisant appel à la responsabilisation des citoyens et ceux qui ne savent que manier la carotte et le bâton. Le résultat est là : en Allemagne 61 % des citoyens font confiance en leurs dirigeants, seulement 25 % en France. Et c’est vers l’Allemagne que nous envoyons nos patients car ils ont plus de 2 fois plus de Lits de réanimation disponibles et bien moins de malades grâce à une meilleures prévision et gestion de la crise.

Au niveau local, la Corse souffre des mêmes mots que l’ensemble du « Monde Moderne », le vent du dégagisme a porté aux affaires des groupes politiques issus du RIACQUISTU des années 70 qui permis au peuple Corse de ne pas disparaitre à vitesse grand V. Cette réappropriation culturelle s’est faite de haute lutte et a marqué l’ensemble des insulaires et les continentaux pendant de longues années. C’est à la fois cette réappropriation et ses paysages, ainsi que sa qualité de vie qui font de la Corse une région qui attire le monde avec une augmentation constante de sa population.

On peut penser que cet apport de population a participé fortement à l’élection de ces groupes politiques, qui matérialisaient aux yeux des insulaires, un changement avec des valeurs empreintes aux territoires, avec l’espoir d’une politique différente, menant des gens émancipés vers plus d’autonomie.

Pourtant non… Le Bilan n’est pas à la hauteur des espoirs. C’est un fait incontestable, malgré la sympathie que peut nous inspirer les nouvelles équipes. De l’espoir déçu peut naître le désespoir. La critique n’est pas personnelle, mais systémique. Le rouleur compresseur de l’état jacobin avec ses Préfets à casquette d’un autre âge et son décorum d’ancien régime déteint inévitablement sur ceux qui en deviennent, contre leur gré, des serviteurs. Leur horizon reste celui de Provinciaux qui continuent de ne regarder que vers Paris, en victimes, en rebelles ou en admirateurs. Mais ils ne regardent pas autour d’Eux, ni sur nos richesses intérieures, ni sur nos voisins méditerranéens bien plus proches de nous que ceux enserrés par la ceinture du périphérique.

L’importation continue de produits manufacturés et alimentaires avec autant d’emballages qui ne sont pas traités et sont enfouis, le bâtiment avec les dégâts écologique et environnementaux, ainsi que d’autres joies du béton, dégâts des eaux, inondations, uniformisation de la laideur,densifications communautaires etles services, avec toute la précarité qui va avec.

L’Economie corse dépend de plus en plus d’un très petit nombre de « voraces » qui accapare les subventions de soi-disant service public alors qu’elles vont dans les poches de privés. Les petits entrepreneurs se font racheter, un après l’autre, étranglés qu’ils sont par la crise… Peut-êtrefinir ont-ils, s’ils ont de la chance,par être employé de grandesurface ?

La misère ne fait que croître tandis que d’un autre côté, les nantis et les protégés mènent grand train sur le « continent ».

Les crises à venir vont mettre à mal ce modèle et comment en 2020 concevoir pareille situation, nous ne produisons que – de 5% de ce que nous consommons sur l’ile.

Il y a une large marge de progression, dans la production alimentaire vivrière, il y a de la marge, dans nos forêts, nos rivières, nos plaines, en imaginant une politique soutenable, originale et vertueuse.

En Corse, contrairement au reste du « Monde Moderne », rien à déconstruire d’important pour retrouver un air sain, si ce n’est revoir notre approvisionnement énergétique et nos transports interurbains.

Par contre lutter contre la précarité, imaginer une politique d’autonomie alimentaire priorisant les circuits courts et la revitalisation de l’intérieur, pourrait faire l’objet d’un nouveau contrat social et écologique entre les Corses ?

La démocratie est faite pour changer le cours des choses et ce pouvoir qui nous est offert, sachons en profiter au-delà de l’esprit partisan, en pensant les conséquences de nos actes et leurs impacts immédiat et à venir sur la nature, sur notre environnement et nos joies.

L’écologie a servi pendant trop longtemps de force d’appoint à des partis qui n’ont pas su comprendre l’urgence à laquelle nous sommes confrontés et pérennisent le modèle qui nous condamne. En Corse, ou tant est à faire, l’écologie doit s’imposer comme une force de rassemblement et sous sa bannière, fédérer les Corses de tous horizons autour d’un projet qui mobilise la gestion mesurée des richesses des territoires, c’est urgent et c’est de l’avenir écologique de l’Ile, de son territoire, de sa culture, de sa langue, qu’il s’agit.

Le modèle sociétal actuel est violent. Il prive de libertés et de dignité celles et ceux qui refusent d’être des sujets de quelques oligarques dominant ou d’un Etat qui a perdu légitimité et crédibilité.

Il ne propose aucune aventure collective exaltante autre que la consommation sans limites. Il moque les gens honnêtes, la foi et les croyances. Il ne propose que très rarement des valeurs belles, fait souvent preuve d’une certaine lâcheté et d’une tolérance incroyable envers toute forme de racisme, même le racisme anti corseet les violences faites aux femmes dans le quotidien. Il ne s’intéresse pas ou peu, au mieux-être ou au mieux-vivre des gens.

Non il n’y a pas de fatalité au déclin, ni à la soumission d’un modèle jacobin dominant à bout de souffle ! Non, nous n’avons plus rien à apprendre du modèle français et de son mode de vie ! Oui la Corse, comme beaucoup d’îles et régions de Méditerranée est l’héritière d’un passé glorieux et d’une Histoire, célèbre la Vierge Marie dans son hymne eta servi de terre d’accueil à des Migrants juifs pourchassés et de bien d’autres ! Oui, nous devons retisser les liens avec nos voisins, toscans, sardes, génois, napolitains, espagnols, maltais, maures et autres avec lesquels nous avons un passé commun ! Oui, nous devons rester ouverts et accueillants à nos Amis du Continent Français et d’ailleurs qui ont toute leur place chez nous s’ils partagent nos valeurs, notre langue et notre mode de vie !

Ecologique, démocratique, et fière de son identité, la Corse pourra demain réaliser la prophétie de Jean-Jacques Rousseau et « étonner l’Europe ».

Mais il nous faut engager une vraie rupture sans laquelle nous ne pourrons pas accéder au Beau, et à un « Mieux vivre » …et à une aventure collective exaltante

Raynald AMADEI / Henri MALOSSE

Génération. Écologie / Urgenzia. Ecologica