Cercle Républicain Edgar Quinet Aristide Briand

Attention... Attention...

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Écrit par Roland Monnet

Attention... Attention...

La brochure virtuelle de la Table Ronde 2016 de Thoiry sera mise en ligne

les tous premiers jours d'octobre.

Toutes les versions longues des contributions seront à votre disposition.

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Rappel du  thème philosophique, socle de l'action politique internationale portée à leur époque par

Briand et Stresemann (dans les années 20) :

"La paix par le droit et non la paix par la force"

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La Table Ronde a adapté au monde d'aujourd'hui cette ligne de conduite : dans un souci de recherche d'un consensus global de l'opinion publique mondiale:

Soit :

° La Paix religieuse par le Droit  à la liberté de conscience ( ONU- Déclaration des droits de l'homme)

° la Paix sociale par le Droit du Travail (OIT)

° La Paix civile  par l'action citoyenne éclairée par le droit à l'instruction et à la culture. (UNESCO)

 

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Infos complémentaire :

1) L'exposition pédagogique illustrant la Table Ronde sera mise en ligne à son tour d'ici quelques temps.

2) Le Compte rendu de la rencontre Euro-méditerannéenne organisée par le GODF figure dans la brochure virtuelle ( par Jean-Louis Bossavit, principal organisateur GODF de ladite).

Ainsi qu'une étude sur

L’école pour la paix,

La transmission des valeurs citoyennes

par André Rongière

(chargé de l'Ecole au GODF)

 

3) Bien entendu, la remarquable contribution de Christin Buiron sur "Sébastien Castellion et la paix" montrera quel "lanceur d'alertes" fut ce bugiste ; en son temps penseur de la tolérance et de la liberté de conscience religieuse ; ainsi que de la séparation de l'église et de l'Etat  dans les années 1540, marquées par les guerres de religions qui "désolaient" la France.

4) De même la contribution de Patrick Bollé sur la Paix civile par la justice sociale introduira une réflexion sur le rôle de l'OIT en la matière.

5) Quant à Gabriel Galice, il traitera de "Quelle paix pour quelle forme de monde" en guise d'introduction du colloque du GIPRI sur ce thème en novembre à Genève.

6) Enfin, les 4 vidéos poétiques et musicales réalisée par Pascale  viendront colorer et souligner les moments forts de la Table Ronde.

 

 

Inauguration de la statue d'Aristide Briand

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Écrit par Roland Monnet

 

 

 Vidéo Paix et laïcité :
Inauguration de la statue d'Aristide BRIAND le 08 12 2012 à Thoiry
  Lien pour accès à la vidéo
   

Michel Rocard, in memoriam

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Écrit par Pierre Joxe

    A l’annonce de la mort de Michel Rocard, la plupart des réactions exprimées par les hommes politiques au pouvoir - et par ceux qui espèrent les remplacer bientôt - ont été assez souvent purement politiques ou politiciennes.   
   

Table Ronde : Paix, justice sociale, droit du travail

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Écrit par Patrick Bollé

Paix, justice sociale, droit du travail

 «Attendu qu'une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale», tels sont les premiers mots de la constitution de l’OIT, énoncés dans le titre XIII du traité de Versailles qui crée ainsi l’organisation internationale chargée de la réglementation des conditions de travail à l’échelle du monde, attendu, ajoute le préambule de la constitution «que la non-adoption par une nation quelconque d'un régime de travail réellement humain fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d'améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays».

   

90e anniversaire des Entretiens de Thoiry 1926 Briand-Stresemann

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Écrit par Roland Monnet

Samedi 17 septembre 2016 : 14h Salle des Fêtes de F. 01710 Thoiry

Organisée par le :

Comité du 90e anniversaire des Entretiens de Thoiry 1926
Briand-Sresemann

Table Ronde

 La paix par le droit… et non la paix par la force !

Précisions importantes 


Où est située 01710 Thoiry ?

° Dans l'Ain. Exactement dans le Pays de Gex, partie française du "Grand Genève" .
° D'où, à 20 mn de l'aéroport Genève-Cointrin  et de la gare Genève-Cornavin...
... ainsi qu'à 30 mn de la Gare TGV de Bellegarde sur Valserine.
° Autoroutes : accès à Genève et Bellegarde.

 

Sur la partie droite de cette page d'accueil figurent :

-  Une introduction  générale ( Gérald Dentinger et Roland Monnet)
-  Trois "déclarations de principes" marquant les objectifs humanistes de paix par le droit et non par la force de la Table Ronde;
° "Guerres d'antan et de demain" (Gabriel Galice);
° "La paix religieuse par le droit à la liberté de conscience selon Castellion ( Christian Buiron);
° "Paix et justice sociale par le droit du travail"(Patrick Bolle)

Dans la marge de gauche :

-  Cinq titres à "cliquer" pour lire :
°  La  brochure imprimée (en diffusion) de présentation de la Table Ronde.
° L'exposition pédagogique des faits  historiques (articles de presse, photos et écrits d'époque)
° Les "contributions".
°  La rubrique "mémoire et avenir".
 et aussi,
 ° Dans la rubrique "Approches maçonniques" :  Rencontre GODF euro-méditerrannéenne de juin 2016 à Montpellier sur la Liberté de conscience  
... voir aussi les brochures :
° Colloque de Ceyzériat :"Sébastien Castellion, apôtre de la liberté de parole et de conscience"(95047 visites au 1er février 2016)
° Rencontres maçonniques et culturelles de Balagne : "Liberté de paroles; Liberté de Concsience; Devoir de Parole"(83276 visites au 1er février 2016)

Attention : Toutes ces  rubriques sont évolutives en fonction du matériel mis en ligne. D'où, visites régulières conseillées

 

Par ailleurs, à visionner : vidéo Paix et laïcité :
Inauguration de la statue d'Aristide BRIAND le 08 12 2012 à Thoiry
Recopier ce lien pour accès à la vidéo

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Présentation de la Table Ronde 17 septembre 2016
organisée par le comité du 90ème anniversaire des Entretiens de Thoiry
 Briand-Stresemann
                  
 Ordre du jour (provisoire)
13h30 : Ouverture des portes : visite commentée  de l'exposition pédagogique.
14h30 :° Ouverture des travaux de la TR par M. Gérald Dentinger, ancien maire de Thoiry.
              ° Présentation de la TR par M.Roland Monnet, pt du Cercle Républicain Edgar Quinet-Aristide  Briand.
              °  Communication de M. Gabriel Galice ( pt du comité de fondation du GIPRI) sur lecolloque international organisé par le GIPRI  : 
    Thème    Quelle Paix pour quel Monde ?
               ° Communication de M. Patrick Bolle (ancien fonctionnaire du BIT) sur La paix et la justice sociale par le Droit du Travail.
Intermèdes musicaux et poétiques"
 "Les textes de Pascale Splawski sont mis en musique et chantés par Jade"
 
Cliquez sur les liens ci-dessous pour "Villes fantômes" et "I have a dream"

       https://www.dropbox.com/s/3w3rlbm4my2tn4n/Villes%20fant%C3%B4mes.mov?dl=0

 https://www.dropbox.com/s/gg8lzay8q6xh9u6/I%20have%20a%20dream.mov?d 

             ° Communication de M. Christian Buiron (historien; membre du Comité de Recherche et d'Histoire M/) "Sébastien Castellion et la Paix"                                                
            ° Communication de M. Jean-Louis Bossavit sur la "rencontre euro-méditerranéeenne" de juin 2016 à Montpellier.
            ° Communication de M. André Rongière "L'école pour la Paix, la transmission des valeurs, l'apprentissage de la citoyenneté".
                                                                 Débat général (micro baladeur
       Clôture de la TR... musicale et poétique : Textes de Pascale Splawski mis en musique et chantés par Jade.
                                                                 Verrée républicaine
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.

L'esprit de la Table Ronde du 17 septembre prochain s'inscrit évidemment comme une suite à toutes les initiatives qui s'appuient sur "l'esprit de Genève" dont les "Entretiens de Thoiry Briand-Stresemann" du 17 septembre 1926 en furent le pic.   

   

Table Ronde 17.09.2016 ... TROIS déclarations de principes

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Écrit par Gabriel Galice

 

1) La Paix par le droit et non la paix par la force

Guerres d’antan et de demain

Dr Gabriel Galice, président du Conseil de Fondation du GIPRI1 

Membre du « Comité du 90e anniversaire des Entretiens de Thoiry Briand-Stresemann 1926 »

……………….

La Table Ronde qu’organise le « Comité du 90e anniversaire des Entretiens de Thoiry Briand-Stresemann du 17 septembre 1926 » introduit une dimension particulière au colloque international initié par le GIPRI sur le thème « Quelle paix pour quel monde ? ».

En écho aux contributions globales des experts internationaux sollicités sera ainsi saisie une fraction intéressante de l’opinion publique sur l’aspect fondamental de « paix par le droit et non par la force » par la sanctuarisation de principes humanistes aux rangs de normes internationales.

Quant à lui, le GIPRI ouvre l'année 2016 par des considérations sur les guerres d'antan  et de demain.

 

   

2) La Paix religieuse par le Droit à la Liberté de Conscience

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Écrit par Christian Buiron

 

 

Sébastien Castellion
1515-1563
Penseur de la tolérance
& de la liberté de Conscience


Sébastien Castellion, s'inscrit dans   l'histoire de la pensée comme un véritable lanceur d’alertes, dirait-on aujourd’hui.

C’est le penseur du XVIe siècle, qui se présente face à Calvin le réformateur de  Genève, comme le défenseur de la tolérance, le penseur de la liberté de conscience et le partisan de la séparation de l'Église et du magistrat.

Sa pensée, exprimée il y a 451 ans, résonne en cette année 2016 :

  • -ne pas forcer les consciences,
  • affirmer les droits de la raison,
  • reconnaître les bienfaits du doute,
  • recommander le pacifisme,
  • désigner les puissants, docteurs de la foi ou hommes de pouvoir, comme les principaux responsables des guerres meurtrières,
  • sans oublier la responsabilité individuelle de chacun.

 

   

Table Ronde 17.09.2016

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Écrit par Roland Monnet

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La brochure virtuelle de la Table Ronde 2016 de Thoiry sera mise en ligne

les tous premiers jours d'octobre.

Toutes les versions longues des contributions seront à votre disposition.

Rappel du  thème philosophique, socle de l'action politique internationale, portée à leur époque par

Briand et Stresemann (entre 1923 et 1929) :

"La paix par le droit et non la paix par la force"

 

 

Adaptée au monde d'aujourd'hui dans une recherche de consensus global de l'opinion publique mondiale:

° La Paix religieuse par le Droit  à la liberté de conscience ( ONU- Déclaration des droits de l'homme)

° la Paix sociale par Droit du Travail (OIT)

° La Paix civile  par l'action citoyenne éclairée par le droit à l'instruction et à la culture.  (UNESCO)

 

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Info complémentaire :

 1) L'exposition pédagogique illustrant la Table Ronde sera mise en ligne à son tour d'ici quelques temps.

2) Le Compte rendu de la rencontre Euro-méditerannéenne organisée par le GODF figure dans la brochure virtuelle ( par Jean-Louis Bossavit, principal organisateur GODF de ladite).

Ainsi qu'une étude sur 

L’école pour la paix,

La transmission des valeurs citoyennes

par André Rongière

(chargé de l'Ecole au GODF)

 

Bien entendu, la remarquable contribution de Christin Buiron sur "Sébastien Castellion et la paix"  montrera quel "lanceur d'alertes" fut ce bugiste ; en son temps penseur de la tolérance et de la liberté de conscience religieuse ; ainsi que de la séparation de l'église et de l'Etat  dans les années 1540, marquées par les guerres de religions qui "désolaient" la France.

 

Liens : Paix religieuse; Castellion; protestantisme; guerres de religions, Edit de Nantes; Déclaration des droits de l'homme; liberté de conscience; lanceurs d'alertes; liberté de pensée; Rawls morale et justice; république laïque; école républicaine; citoyenneté; GODF; franc-maçons; GIPRI; ONU; UNESCO; OIT; droit du travail; Paix civile; culture; paix sociale; opinion publique; Briand; Stresemann; Quinet; Ferdinand  Buisson; Marianne; Brigite Bardot; Quidde; Voltaire; Esprit de Genève; Entretiens de Thoiry; Société des Nations; Table Ronde 17.09.2016; vidéo Pèlerins de la Paix; vidéo I have a dream; vidéo Villes fantômes; vidéo Lanceurs d'alertes.vidéio Inauguration de la statue d'Aristide Briand; 01710 Thoiry;Christian Buiron; Gabriel Galice; Patrick Bollé; Jean-Louis Bossavit; André Rongière; Roland Monnet; Cercle Républicain Edgar Quinet-Aristide Briand;

 

 

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Samedi 17 septembre 2016

Dés 13h30 Salle des fêtes de Thoiry


90° anniversaire des Entretiens de Thoiry 1926

Table Ronde 2016

La paix par le droit... et non la paix par la force !



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Annexe 1

Emmanuel Kant
Kant Castellion Buisson Quidde
Devoirs de l’homme Lanceur d’alerte Droits de l’homme Pacifisme



Emmanuel Kan
t « Les premiers devoirs de l’homme sont des devoirs envers lui-même parce que  les devoirs envers soi sont le fondement des devoirs envers autrui. Le droit fonde et rend possible la coexistence des libertés dans l’obéissance de la loi. Accepter la loi, c’est renoncer à l’usage de la violence et tous doivent le faire simultanément. Egalité et liberté font alors advenir entre les hommes une paix authentique ».

Stresemann « L’action et la pensée de l’homme doivent être fondées sur la conviction qu’il doit accomplir une mission sur la Terre, et que la force lui est donnée pour apporter sa contribution à la construction de l’Humanisme ».
« Sera un grand serviteur de la société humaine celui qui développera avec force ses capacités personnelles, tant spirituelles que psychiques, grâce auxquelles il pourra agir de façon bénéfique pour l’Humanité tout entière, ce qui veut dire aussi au-delà des frontières de sa patrie ».

Briand était affilié à une société paramaçonnique « La Chevalerie du Travail » d’inspiration américaine (Knights of Labor).

Objectifs : solidarité et conquête progressive de l’égalité d’où seule peut naître la liberté. «Le droit, c’est-à-dire ce que la société nous doit, c’est l’effet du devoir, c’est-à-dire ce que nous devons à la société, que nous devons savoir nous sacrifier nous-mêmes au bonheur de tous, à l’avènement de la vraie République, celle où l’égalité est le but ; la liberté le corollaire ; la solidarité le moyen ; la fraternité le fait »

Le livre de Christian Buiron « Sébastien Castellion (1515-1563). Penseur de la tolérance et de la liberté de conscience», souligne les idées de Castellion préfigurant la philosophie des Lumières : tolérance, liberté de conscience (trente ans avant l’édit de Nantes !) séparation du religieux et du politique…
La rencontre historique Briand  et  Stresemann du 17 septembre 1926 (Prix Nobel de la Paix 1926) précéda de deux jours l’inauguration du monument à la mémoire de Castellion, à Saint-Martin-du-Fresne, par Ferdinand Buisson.
Un an plus tard, Quidde l’allemand et Buisson le français, reçurent à leur tour en 1927 le prix Nobel de la Paix.

Annexe 2 : Couples franco-allemands acteurs de l’Europe Unie



 

Briand-Stresemann entre les guerres mondiales 1914-1918 et 1939-1945


Piliers de la réconciliation franco-allemande pour la sécurité collective et la paix  par l’arbitrage et désarmement mondial sous l’égide de la Société des Nations; précurseurs de l’idée d’Union européenne et de  Marché Commun.

Briand  «… entre  les peuples d’Europe, il faut un lien fédéral leur permettant d’entrer en contact, de discuter de leurs intérêts, de prendre des résolutions communes, d’établir entre eux un lien de solidarité pour  faire  face des circonstances graves si elles venaient à naître. C’est ce lien que je voudrais m’efforcer d’établir. »

Stresemann «  Chacun d'entre nous appartient tout d'abord à sa patrie, un bon Français, un bon Anglais, un bon Allemand doit être une partie de son peuple, mais chacun doit être également un membre de la famille européenne [...] Nous avons le droit de parler d'une idée européenne, une communauté de destins nous lie les uns aux autres. Si nous voulons atteindre les sommets nous ne pouvons pas y arriver en nous combattant mais en collaborant ».  

De Gaulle-Adenauer : 22 janvier 1963 signature du Traité de l'Elysée

Ce traité instaure entre la France et l'Allemagne la concertation permanente  dans les domaines de la défense, de la politique étrangère, de l'économie et de la  culture.

Toujours un peu sceptique, de Gaule écrira « Les traités, voyez-vous, sont comme les jeunes filles et les roses : ça dure ce que ça dure. Si le traité franco-allemand n'était pas appliqué, ce ne serait pas le premier dans l'histoire ! »  
Mais  son vieil ami Adenauer lui répondra : « J'ai lu que les roses et les jeunes filles pâlissaient vite. Les jeunes filles, peut-être. Mais voyez-vous, pour les roses, je m'y connais. Cette amitié entre la France et l'Allemagne est comme une rose qui portera toujours des boutons et des fleurs ».

De Gaulle conclura: « Vous avez raison, Monsieur le Chancelier ; le traité n'est pas une rose, ni même un rosier, mais une roseraie ! »

Mitterrand-Kohl : 22 septembre 1984, poignée de main à Verdun

Geste symbolique de la réconciliation franco- allemande, à Douaumont près de Verdun en hommage aux morts de la guerre  de  1914-1918, rendu conjointement par François Mitterrand et Helmut Kohl. Après avoir écouté l'hymne allemand, ils se tiennent la main pendant que l'orchestre militaire joue "La Marseillaise.

Ainsi, tirant « les leçons de l’histoire », la France et l’Allemagne ont-elles choisi de « renoncer aux combats fratricides » et de travailler à une œuvre commune : « L’unification de l’Europe » déclaré « objectif commun ».

Stresemann… par Stresemann

Décédé en 1929, Stresemann n’a pas écrit de mémoires. Cependant, en 1932, ses notes furent publiées dans un recueil intitulé en français : Le Journal de Stresemann.
On y rencontre, en vérité, un politicien roué, soucieux des intérêts immédiats et de la grandeur de sa patrie ; en fait pas spécialement un ami de la France !
Pour être juste, il faut aussi dire que Briand était taillé du même bois « qu’on fait les vieux renards ».
Aussi, raison de plus, fondamentale, de ne garder d’eux, principalement, que leur sens maçonnique de Devoir envers l’humanité.
C’est pour nous devoir de mémoire et d’avenir que de propulser le principe kantien qui motivait leur action pour la Paix par le droit et non par la force. Et de le porter dans l'aujourd'hui pour demain.
 

Journal de Stresemann

(7 septembre 1925) 
Lettre de Stresemann au Kronprinz

 

     Voici posée la question de notre entrée dans la Société des Nations.
     A mon avis, la politique étrangère de l'Allemagne a trois grands buts.
     
     D'abord la solution de la question rhénane dans un sens tolérable pour l’Allemagne et l’assurance de vivre en paix, sans quoi l'Allemagne ne pourra pas recouvrer ses forces.
     En second lieu, la protection des dix à douze millions d’Allemands qui vivent maintenant sous le joug étranger.
     Troisièmement, la rectification de nos frontières orientales : Reprises de Dantzig, du corridor polonais et modification du tracé de la frontière de Haute-Silésie. A plus longue échéance, rattachement de l'Autriche à l'Allemagne, bien que je me rende compte que ce rattachement ne soit pas  de nature à n'apporter à l'Allemagne que des avantages, car il compliquera beaucoup le problème de notre organisation.
 
     Si nous voulons atteindre ces buts, il faut faire converger vers eux nos  efforts. De là le pacte de sécurité qui doit nous assurer la paix, notre frontière ouest étant dorénavant garantie par l'Angleterre et même, si Mussolini se met de la partie, par l'Italie.

     Ce pacte comporte de notre part un abandon, en ce sens que nous renonçons à un conflit armé avec la France pour reconquérir l'Alsace-Lorraine; mais cet abandon n'a qu'un intérêt théorique

      On se trompe en croyant que nous pouvons être mis en minorité à Genève. Ce n'est pas possible, puisque les décisions du Conseil de la S.D.N. doivent être prises à l'unanimité et que nous avons l'assurance de recevoir à Genève un siège permanent.

     Il faut tout d'abord que nos étrangleurs lâchent prise ; c'est pourquoi la politique allemande devra pour commencer suivre la formule que Metternich, je crois, adoptait en Autriche après 1809 : finasser (finassiren) se dérober aux grandes décisions.
 
     Je demande à votre Altesse la permission de ne pas en dire plus long dans cette lettre.
 

(15 septembre 1925)
« A LA VEILLE DES NÉGOCIATIONS DE LOCARNO »
Article anonyme de Stresemann dans le Hamburger Fremdenblatt du 14 septembre 1925
 
     La politique étrangère de l’Allemagne a pour première tâche de combattre la politique agressive de la France et de chercher des alliés…
     En second lieu l’Allemagne doit être la tutrice des groupements allemands en Europe, la métropole du germanisme, chargée de faire respecter par les nations les engagements qu'elles ont pris à l'égard des minorités allemandes.
     L'Allemagne doit en outre tendre à la révision de sa  frontière orientale, dont l'impossibilité est reconnue par tout le monde. Elle doit faire valoir son droit à des colonies. Elle doit enfin lutter au premier rang pour faire reconnaître ce droit des peuples à disposer d'eux-mêmes qui, dans la question de l'Anschluss de l'Autriche à l'Allemagne, a été violé avec un cynisme sans exemple et rendu illusoire.
 
..... Si l'Allemagne limite son activité à ces tâches, elle ne sera pas seule. Elle pourra avancer vers ces buts, même privée comme elle l'est de moyens de faire la guerre. Mais elle sera obligée de composer avec les puissances qui sont aujourd'hui maîtresses des décisions en ces domaines ; elle devra renoncer à une politique partout offensive, et par conséquent, avant tout, elle devra reconnaître la frontière occidentale et adopter les principes consignés dans notre offre de pacte de sécurité.
 .....En somme, ce qui dans l’un comme dans l’autre des projets de pacte est l’essentiel a toujours été l’idée de nous adresser à la France, le plus obstiné adversaire de notre relèvement, afin de parvenir à un arrangement qui nous permettrait de refaire nos forces.
 ....Nous devons nous dire qu’il ne nous est pas possible de rentrer dans S.D.N. s’il est entendu que par là nous reconnaissons la culpabilité de l’Allemagne dans la genèse de la guerre.
     De la prochaine conférence il faut attendre la solution du problème de la sécurité. Puis viendra, il le faut aussi, une entente économique entre les grandes puissances industrielles de l’Europe et, enfin une synthèse européenne au lieu du morcellement actuel qui rappelle trop l’ancienne Allemagne avec ses douzaines d’Etats et de systèmes douaniers. Mais ceci n’est pas encore pour aujourd’hui.  A présent il s’agit de faire un pas vers la reconstruction de l’Allemagne. Donner au peuple allemand la garantie qu’il pourra se développer en paix, c’est le meilleur moyen de travailler pour ce dont on nous parle tant, l’honneur et la dignité de la nation allemande.Départ pour Thoiry
17 septembre 1926,
     
Vers onze heures du matin, Stresemann et Briand quittent Genève par des chemins différents. Le bruit de leur entrevue projetée s'était répandu, et les journalistes de tous pays avaient essayé de découvrir l'endroit où les deux hommes d'État se rencontreraient. Cependant sans éveiller l'attention, Stresemann, se donnant l'air d'un homme qui va faire une partie de bateau, traverse le lac Léman en canot automobile et se fait conduire en auto à Thoiry, à l'hôtel de Mme Léger, une de ces petites auberges françaises de campagne, d'aspect modeste, mais qui ont une réputation justifiée d'excellente cuisine. Stresemann y rencontre Briand qui, accompagné de M. Hesnard, avait réussi, lui aussi, à dépister toutes les curiosités par des subterfuges du même genre.
17 septembre
Communiqué franco-allemand sur Thoiry
En rentrant à Genève à la fin du 17 septembre les deux ministres communiquent à la presse la note commune suivante:
 
     «  Mr. Briand ministre des Affaires étrangères de la France et M. Stresemann, ministre des Affaires étrangères d'Allemagne, se sont rencontrés pour déjeuner à Thoiry. Là ils ont eu un entretien de plusieurs heures (1), qui a été des plus cordiaux. Au cours de cet entretien ils ont examiné successivement tous les problèmes qui sont susceptibles d'intéresser les deux pays et ils ont recherché en commun les moyens les plus propres à en assurer la solution dans l'intérêt de la France et de l'Allemagne et dans l'esprit des accords qui sont signés ».
     « Les deux ministres ont concilié leurs points de vue sur la solution d'ensemble, chacun d'eux s'étant réservé d'en référer à son gouvernement. Si leurs points de vue étaient approuvés par leurs gouvernements, ils reprendraient leur collaboration, pour aboutir aux résultats désirables ».
 
Le gouvernement du Reich et Thoiry
   
 Stresemann, après avoir eu, le 20 septembre, l'occasion d'intervenir au Conseil de la S.D.N. en faveur des Allemands de Danzig, quitte Genève le 22 septembre, et rend compte au Conseil des ministres, le 24, des journées de Genève et de l'entrevue de Thoiry. Il fait remarquer que Briand lui a dit que les paroles échangées à Thoiry n'engagent en rien les gouvernements.
     Les ministres approuvent l'effort tenté pour régler les questions qui divisent encore la France et l'Allemagne et estiment désirable que les pourparlers continuent, l'étude des questions de détail étant confiée à un comité spécial. Ce comité sera constitué par Stresemann, Curtius (ministre des Affaires économiques) et Reinhold (ministre des Finances).
  1. (1) D'après le « Temps» les deux ministres se mirent à table à 13h et leur entretien prit fin à 17 h. 30.
21  Septembre 1926
Discours de Stresemann à la Brasserie Gambrinus
devant la colonie allemande de Genève
     « Quand on nous reproche d’être moralement responsables de la guerre, nous répondons : ce n'est pas vrai. Quand on nous  accuse d'être incapables de coloniser, nous répondons : nous avons le même droit à posséder des colonies que n’importe quel autre peuple au monde.
     Nous ne sommes pas chauvins, mais quand il s'agit de colonisation, nous voulons être traités sur le pied d'égalité avec vous. Et cette déclaration, finalement, on l'a admise, le jour où nous avons fait notre entrée à la S.D.N., au milieu des applaudissements.
     Quand une voix allemande a retenti pour la première fois dans cette salle, plus d'un parmi vous a eu le sentiment d'une réparation après toutes les accusations portées contre nous. Sentiment bien plus juste que celui de quelques mécontents qui me disent : « Voilà que tu sièges à côté de ceux qui jadis étaient tes ennemis ». Je demande à mes compatriotes : pourquoi ce manque de confiance dans ceux qui vous dirigent? Jugez-nous donc d'après nos actes. Nous n'agirons pas moins que les autres. Rien de pire qu'une critique qui se borne à dénigrer.
Je me suis trouvé aujourd'hui avec des Allemands de Danzig et de Memel, et ils m'ont dit la transformation de leur moral quand, prenant place à la S.D.N., ils ont vu cette fois en face d'eux un représentant de la nation allemande ».
 
Décryptage des Entretiens de Thoiry
Livre de Gérard Unger (2005)
 
     Les deux ministres, avant de se quitter, confirment que, pour aller plus loin, ils doivent en référer à leurs gouvernements respectifs. Ils rédigent un communiqué commun dans lequel ils déclarent avoir examiné successivement tous les problèmes qui sont susceptible d'intéresser les deux pays et avoir recherché en commun les moyens les plus propres à en assurer la solution dans l'intérêt la France et de l'Allemagne et dans l'esprit des accords qui ont été signés».
    Cette « langue de bois» n'apprend bien évidemment rien à personne ...
     Quel a été le vrai contenu des échanges de Thoiry?
     Briand, comme le décrit Stresemann, était-il prêt à aller vite et à céder beaucoup, ou bien s'est-il montré, comme le rapporte Hesnard, préoccupé, comme toujours des intérêts français, plutôt vague dans ses propositions et évitant de s’engager ?
     La vérité est peut-être entre les deux : Stresemann avait besoin de montrer à son opinion qu'en échange de Locarno il obtenait des concessions réelles de son interlocuteur, et Briand savait qu'il ne pouvait décider seul, et il en joua ; Stresemann ne l’appelle-t-il pas der alte Fuchs, « le vieux renard » ?
     Dès lors, il apparaît, bien qu’à Thoiry aient été tracées les grandes lignes d’un « accord-cadre » général celui-ci avait besoin d'être largement précisé dans des conversations ultérieures tant au niveau technique que politique.
     En fait, du «grand dessein» de Thoiry il ne va pas sortir grand-chose. Stresemann en est partiellement responsable, en raison du retentissement d'un discours public prononcé dès le 21 septembre à la brasserie Gambrinus à Genève devant la colonie allemande de la ville.
     Là, il déclare tout de go : « Quand on nous reproche d'être moralement responsables de la guerre, répondons : ce n'est pas vrai. Quand on nous accuse d'être incapables de coloniser, nous répondons : nous avons le même droit à posséder des colonies que n'importe quel autre peuple au monde ".»
     Il ne craint pas d'affirmer que tout cela a été admis le jour de l'entrée de l'Allemagne à la S.D.N. et que cette entrée ne peut s'accorder avec l'occupation de la Rhénanie et de la Sarre.
 
     Ce discours a des effets désastreux. Certes, Stresemann s'adresse à un public allemand à qui il veut prouver que Locarno et l'entrée du Reich à la S.D.N. ont des effets positifs. Il s'avance cependant beaucoup, et, alors que Thoiry apparaît comme la suite logique de Locarno, il met, comme le note Suarez, Briand en mauvaise posture devant une bonne partie de son opinion :
     Si Stresemann parle ainsi, n'est-ce pas parce qu'à Thoiry le ministre français a cédé sur tous les points indiqués?

     La réaction ne se fait pas attendre : le 26 septembre, à Saint-Germain-en-Laye, Poincaré, informé sans doute partiellement par Briand du contenu de l'entretien de Thoiry, rappelle la responsabilité intégrale de l'Allemagne dans la guerre ; il récidive  le lendemain à Bar-le-Duc, en se déclarant cependant prêt à un rapprochement avec ce pays d'outre-Rhin s'il fournit «  la preuve préalable et décisive  de son désarmement matériel et moral ».
 
     L'entrevue de Thoiry semble donc stérile, d'autant que les Belges renoncent de leur côté à rétrocéder Eupen et Malmédy au Reich.
 
     En outre, la situation financière de la France s'améliorant rapidement, Paris a bien moins besoin de l'argent allemand.
 
     Stresemann, qui n'obtiendra finalement que la suppression du contrôle militaire allié, le 31 janvier 1927, et quelques milliers de soldats français de moins en Rhénanie, a espéré pendant quelque temps qu'un départ rapide de Poincaré « relancerait la machine ».
 
     Mais Poincaré reste et Briand ne peut ni ne veut trop céder, ce qui met à son tour Stresemann en porte-à-faux vis-à-vis des nationalistes allemands puisqu’il ne rapporte pas grand-chose de Genève.
 
    Force est de  constater finalement, qu’en 1926 une tentative de règlement rapide complet des désaccords franco-allemands est prématurée tant les points de vue et les opinions publiques divergent encore.
     Briand continuera d'être considéré par la droite française comme la dupe de l'Allemagne, alors qu'il n'a peut-être pas assez cédé pour renforcer Stresemann.            elui-ci revient non pas bredouille de Locarno, de Genève et de Thoiry, mais avec trop peu dans sa besace pour satisfaire ses nationalistes.
 
     Dans cette affaire, celui qui « finasse» le mieux, c'est Briand « le vieux renard », excellent défenseur, au-delà des paroles, du style et de sa large vision des problèmes, des intérêts français à court terme.

Mots clés : Guerre; Paix par le Droit; Société des Nations; Aristide Briand; Gustav Stresemann; Croix gammée; Liberté de conscience; lanceurs d'alertes; droit du travail; de Gaulle Adenauer; Mitterrand Kohl;Sanctuarisation liberté de Conscience; liberté de conscience norme internationale;franc maçonnerie; GODF;Rencontre euro-méditerranéenne Montpellier;instruction  publique;école républicaine; transmission des valeurs laïques et républicaines;Ferdinand Buisson; Sébastien Castellion; Calvin; Protestantisme libéral;Diaporama Villes fantômes I have a dream;Grande Loge féminine suisse; Emmanuel Kant;Emmanuel Dockes;
 Organisation internationale du Travail;BIT;
 

 

 

L’école pour la paix,

La transmission des valeurs citoyennes

 

A cette conférence pour la paix placée sous les hospices d’Aristide Briand et de Gustav Stresemann, je vais ajouter, pour ce qui concerne l’école républicaine trois noms, ceux de Condorcet, de Jean Jaurès et de Jean Zay, Le précurseur, le grand témoin, l’innovateur.

Condorcet, le précurseur de l’école de la République, ne fut pas seulement un brillant mathématicien, il lutta toute sa vie pour que l’égalité entre les hommes devienne une réalité, ses combats : réduire les inégalités de richesse, lutter contre l’esclavage des noirs, pour l’égalité des sexes, pour les droits de l’accusé et le respect des enfants.

L’école qu’il voulait créer tendait à former des citoyens libres, égaux et fraternels, elle était républicaine. Ses cinq mémoires sur l’instruction publique de 1791 ont inspiré en grande partie, mais pas totalement, les grandes réformes de la troisième République, c’est pour cela que ses idées restent d’actualité.

Pour Condorcet le citoyen doit être instruit et même « institué » c’est-à-dire qu’on doit le former à exercer son jugement et son esprit critique, il fallait : « éclairer les hommes pour en faire des citoyens, car même sous la constitution la plus libre, un peuple ignorant est esclave », il était en opposition avec la vision de Robespierre pour qui, les enfants de la République doivent être « éduqués » en leur inculquant la vertu et le zèle patriotique.

Jaurès, agrégé de Philosophie en 1881, grand témoin de la mise en place de cette école laïque, enseignant au lycée d’Albi puis professeur à la faculté de Toulouse, s’il abandonna l’enseignement pour suivre la carrière politique que l’on connait, il continua sa réflexion pédagogique, par exemple dans un discours prononcé à Castres le 30 Juillet 1904 : « La démocratie a le devoir d’éduquer l’enfance ; et l’enfance a le droit d’être éduquée selon les principes mêmes qui assureront plus tard la liberté de l’homme. Il n’appartient à personne, ou particulier, ou famille, ou congrégation, de s’interposer entre ce devoir de la nation et ce droit de l’enfant. Comment l’enfant pourra-t-il être préparé à exercer sans crainte les droits que la démocratie laïque reconnaît à l’homme si lui-même n’a pas été admis à exercer sous forme laïque le droit essentiel que lui reconnaît la loi, le droit à l’éducation ? »

Jusqu’au bout, il prodigua ses conseils, il écrivait en Avril 1914 dans la revue de l’enseignement primaire et primaire supérieur : « Il faut à l’école éviter tout sectarisme, aussi bien les formules d’avenir trop contraignantes, étroites et figées, que les formules mortes et tyranniques du passé. Si la vie, pressée d’agir, forcée de conclure, est obligée de se ramasser en une doctrine, l’école doit avant tout munir les enfants d’une méthode de l’habitude d’observer, de réfléchir, de penser par soi-même et de comprendre la solidarité comme l’ardente coopération de volontés libres et d’intelligences autonomes s’harmonisant les unes aux autres par la vertu de leur propre rythme. »

Cela voulait dire pour Jaurès que l’enseignement primaire « ne doit pas seulement se cantonner à un programme de compétences minimales à acquérir, mais doit largement donner aux jeunes élèves des instruments à leur niveau pour qu’ils puissent comprendre la société dans laquelle ils vivent ». De ce fait Jaurès va insister sur l’enseignement de l’histoire en particulier. N’oublions pas aussi que Jaurès fut en 1905 un soutien infaillible à Aristide Briand au moment de la loi de séparation des églises et de l’état.

L’action de Jean Zay, Ministre de l’Education Nationale et des Beaux-Arts de 1936 à 1939, se situe dans la lignée de Condorcet et de Jaurès (en particulier la prolongation de la scolarité jusqu’à 14 ans, que Jaurès préconisait déjà). Pour Jean Zay la République repose avant tout sur le civisme et l’intelligence des citoyens, c’est-à-dire sur leur éducation intellectuelle et morale,: « L’intellectuel ne peut pas prendre parti dans la controverse qui chaque jour sur le forum (nous dirions maintenant les « réseaux sociaux ») dresse les uns contre les autres », il ajoutait que «  Les écoles doivent rester l'asile inviolable où les querelles des hommes ne pénètrent pas. »

Le projet Jean Zay était inspiré par quelques grandes idées directrices : la démocratisation, l'orientation, selon les goûts et les aptitudes des élèves, éveillés par une pédagogie novatrice. Ce système éducatif profondément rénové devra s'intégrer dans un ensemble englobant de multiples activités périscolaires. Il ne put mettre en place toutes les réformes qu’il souhaitait, mais il continua pendant toute la période de sa captivité de 1940 à 1944 à travailler sur des projets à mettre en place à la libération.

Il ne vous a pas échappé que ces trois piliers de l’école Républicaine furent tous assassinés, le premier, victime de l’intolérance montagnarde. Jaurès combattant inlassable de la paix paya de sa vie cet engagement. Jean Zay tiré de sa prison par la milice en Juin 1944 fut victime de la haine que le régime pétainiste vouait aux acteurs du front populaire en général et aux Francs-Maçons en particulier.

Reprenons les Objectifs de l’école républicaine.

Les citoyens qui seront appelés à assurer le fonctionnement, la protection et la prospérité de  la France, Nation libre, Républicaine, Démocratique et Sociale dont la devise est Liberté, Egalité, Fraternité, doivent acquérir des connaissances solides. Ils doivent maîtriser parfaitement la lecture, l’écriture, le calcul, l’histoire, la géographie… bref avoir des connaissances qui leur permettent de comprendre le monde dans lequel ils vivent et des bases suffisantes pour leur permettre d’aborder ou d’approfondir tous les domaines de la pensée humaine. Vaste programme, mais ce n’est pas tout, car il ne s’agit pas, pour l’Ecole de la République, de déverser des savoirs dans des crânes vides jusqu’à ce qu’ils débordent, mais de : « permettre de connaître ce qu’il n’est pas permis d’ignorer ». Le futur citoyen doit être capable de s’adapter à des situations diverses et parfois inédites et de trouver ou d’inventer une ou des solutions. Pour le préparer à cela, l’Ecole devra lui apprendre le raisonnement. Le futur citoyen devra être libre. Sa liberté, il la devra à sa raison qui lui permettra de choisir sans préjugé la solution à chaque problème rencontré. L’Ecole devra lui apprendre à développer son esprit critique et sa curiosité.

A l’école de la République le futur citoyen apprendra et pratiquera la Liberté. Ici pas de dieu créateur, pas de maître omniscient, pas de vérité révélée. Le seul maître est la raison, la seule voie du savoir est l’expérience.  Si Dieu existe pour certains, c’est à la maison, à l’église, au temple, à la mosquée ou à la synagogue, pas à l’école. A l’école l’individu est libre, personne ne lui dit ce qu’il doit penser. Le maître est là pour le protéger de toutes les contraintes morales non fondées sur la raison. Il est là aussi pour l’accompagner, l’aider, le soutenir. Les règles dictées par le dogme, les croyances et la tradition doivent être remplacées par une réflexion de tous les instants, une adaptation au monde dont le seul moteur est la raison. Cette liberté de penser est totale, elle ne nie pas la religion, elle en fait abstraction, et c’est dans le cadre de l’histoire que l’influence des religions peut être évoquée ; elle ne nie ni la tradition, ni l’héritage, elle respecte le passé sans lui permettre d’empêcher le progrès.

A l’école de la République, le futur citoyen apprendra l’Egalité. Ici pas de riche, pas de pauvre, pas de noble, pas de gueux, pas de maître, pas d’esclave. Seulement des êtres humains tous égaux en droit. Des différences existent entre les individus, d’autres apparaîtront  au fil du temps, pas question de les nier. Mais chacun devra, avec l’aide du maître dont l’autorité est due à son expérience et à son savoir, aider son voisin en difficulté,  ne pas profiter de sa supériorité dans un domaine pour dominer ses camarades. La compétence donne certes le droit de diriger, mais impose aussi le devoir de ne pas humilier, ni de mépriser. Cela doit s’apprendre à l’école de la République.

A l’école de la République, le futur citoyen apprendra la Fraternité. Il apprendra à aimer son prochain et à reconnaître en lui un frère bien qu’il ne soit pas issu des mêmes parents, du même pays, de la même religion, de la même classe sociale que lui. Il apprendra à partager, à tolérer, à abandonner ses préjugés pour comprendre les vérités de l’autre, l’autre faisant évidemment le même chemin en sens inverse. Il comprendra ce que signifie le mot Laïcité, ce mot si difficile à comprendre par ceux qui ne sont pas passés par l’école de la République Française. Ce mot que certains ont encore du mal aujourd’hui à comprendre. La Laïcité n’est pas en effet l’acceptation de toutes les croyances, de tous les dogmes, comme certains voudraient le faire croire. La Laïcité, c’est la reconnaissance par des êtres raisonnables d’un domaine où la raison n’a pas sa place, celui des croyances. Chacun a droit à un domaine privé dont il fait ce qu’il veut sans que la société ait son mot à dire tant que sont respectées la légalité républicaine et la dignité de la personne humaine.

L’Ecole de la République doit retrouver un nouveau souffle dans la réalisation de sa mission sacrée d’émancipation de l’ensemble de la population en assurant la mixité sociale, le vivre et étudier ensemble, le goût de l’effort et de la réussite, le travailler plus, non pas seulement pour gagner plus, mais pour être plus épanoui, plus utile et plus heureux. Elle doit  non seulement continuer son action mais l’étendre tout au long de la vie des individus. L’Etat républicain n’a pas le droit de laisser sans aide  un seul de ses citoyens.

Quel enseignement pour la Laïcité et l’éducation à la citoyenneté

Les 4 priorités que nous devons défendre sont :

  • Accéder à une culture commune pour garantir la solidité du socle républicain,
  • Développer l’esprit critique pour garantir la liberté de conscience de chacun,
  • Apprendre à vivre ensemble pour garantir la cohésion sociale
  • Préparer les adolescents à trouver leur place dans la société,

- Quelques observations préliminaires : Comment éduquer à la pensée si l’on n’a pas un minimum de connaissances, la maîtrise des Fondamentaux : lire, écrire, calculer, se repérer dans le temps et dans l’espace ? Comment devenir un citoyen si l’on ne maîtrise pas la langue, si l’on ne conceptualise pas, si l’on n’a pas les bases nécessaires pour devenir acteur de sa vie et de ses décisions ?

L’instruction mariée à l’éducation a pour objectif d’apprendre à apprendre puis de comprendre afin d’agir en tant que citoyen libre.  L’Ecole est au cœur des rouages de la transmission intergénérationnelle des valeurs de la République, le maître étant celui dont le métier est de transmettre autant des connaissances que des règles de conduite en société.

Comment former le citoyen s’il n’a pas conscience de l’histoire de la citoyenneté, s’il n’a pas appris les fondements de la République. Comment former le citoyen à la tolérance et à la fraternité s’il ne connait pas les grands auteurs de la littérature et de la philosophie ? Il nous faut un retour à « l’enseignement humaniste pour tous »

Le nouveau contexte de la mondialisation impose à l’Ecole une nouvelle mission : celle d’ouvrir nos enfants au monde, faire comprendre et mettre en relation toutes les informations, apprendre à chercher, classer, hiérarchiser les informations afin de les maîtriser. L’Ecole doit donner de nouvelles clefs de lecture d’un monde ouvert afin de diffuser les valeurs républicaines de tolérance et de fraternité. Les moyens modernes de diffusion d’informations et d’images donnent le sentiment qu’il n’est plus utile de chercher à apprendre puisque un simple « clic » fournit une multitude de réponses que l’on ne sait même plus hiérarchiser et comparer. C’est le règne du «  tout se vaut et donc rien ne  vaut »

La relation avec les familles est aussi pointée du doigt. La famille éduque, l’école instruit, disait-on jadis. Le partage des tâches a-t-il été bouleversé ? Le moindre geste de chaque enseignant est éducatif, car il est porteur d’une vision de l’humain et de la société. Malheureusement, les parents ne sont plus le support actif du « maître » mais  sont là pour voir si le programme est conforme à leurs préoccupations ou convictions. Quand des parents disent à leurs enfants que leur religion est la seule vraie, que leur dieu est unique et que tous ceux qui pensent autrement sont des hérétiques, comment former des citoyens égaux en droits et en devoirs ? Quand d’autres parents disent aux enfants que leur mère est « impure », qu’une femme ne s’assoit pas à côté d’un homme, comment plaider pour l’égalité des sexes ? Or l’école, en tant qu’institution, ne peut être dans une situation d’obéissance aux multiples exigences individuelles.

Cet enseignement de la Laïcité et des valeurs citoyennes doit se faire tout au long du cycle scolaire. Il repose sur les points suivants :

  • L’enseignement laïc de la Morale,
  • L’instruction civique,
  • L’Histoire et l’enseignement du fait religieux,
  • La philosophie.

Il doit forger une culture morale et civique à quatre dimensions :

  • Culture de la sensibilité, être capable d'identifier ses émotions premières, de s'exprimer en les contrôlant,
  • Culture de la règle et du droit, connaître les règles et en comprendre le sens,
  • Culture du jugement, développer ses propres jugements et savoir les confronter, et enfin
  • Culture de l’engagement, envers soi-même et dans la vie collective.

Chronologiquement, l’enfant qui entre à l’école maternelle a rarement connu la vie de groupe avec son fonctionnement et ses règles. C’est par cette découverte essentielle qu’il se confronte à l’Autre, qu’il devra accepter et respecter pour composer avec lui. Il apprendra petit à petit le dialogue par l’écoute et l’expression orale. Peu à peu, il intègrera la notion de vie collective, se rendra compte de ce qu’est l’école, à savoir, comprendre et respecter les règles, savoir qu’il a des obligations et des droits, s’adaptera aux rythmes scolaires et aux activités périscolaires.

Au primaire c’est avec des explications de la charte de la Laïcité, des cours de morale et d’instruction civique, et quelques éléments d’Histoire, que se constitue la base de la formation. Comme pour les savoirs « fondamentaux » (Lire, écrire, compter), il est primordial, qu’à ce niveau, fin de primaire, ces notions de base de la Laïcité soient parfaitement acceptées et partagées.

Dans le secondaire c’est par le biais de l’approfondissement de l’Histoire, de l’instruction civique juridique et social, et de la philosophie que se poursuit cet enseignement.

1) L’enseignement laïc de la morale

« Trop souvent, les maîtres négligent l’enseignement moral pour l’enseignement civique, qui semble plus précis et plus concret, et ils oublient que l’enseignement civique ne peut avoir de sens et de valeur que par l’enseignement moral, car les constitutions qui assurent à tous les citoyens la liberté politique et qui réalisent ou préparent l’égalité sociale ont pour âme le respect de la personne  humaine, de la dignité humaine. » Jean Jaurès, L’enseignement de la morale, La Dépêche de Toulouse, 3 juin 1892

Quels enjeux ? Une telle formation vise notamment à conduire l’élève à la conscience de la réciprocité dans le rapport aux autres, à la capacité à se mettre à la place des autres. En prenant appui sur des sentiments que connaissent les élèves même jeunes, comme l’amitié, on peut les conduire peu à peu à la conscience de l’autre comme alter ego, condition du respect de soi-même et des autres. C’est dans ce cadre notamment que l’objectif de l’égalité entre les garçons et les filles prend toute sa mesure.

Quels principes? Dans la perspective d’un enseignement laïc de la morale, il convient d’élargir le socle des principes communs transmis par les enseignants et les membres de la communauté scolaire. Le socle de ces principes communs devrait ainsi comprendre la dignité, la liberté, l’égalité, la solidarité,  l’esprit de justice, le respect et l’absence de toutes formes de discrimination, en bref tous ceux de la laïcité. Ces principes sont ceux de l’humanisme moderne.

2) L’instruction civique

Quand les jeunes ont acquis un minimum de principes, ils  sont en capacité d’aborder, avec profit, l’apprentissage de la citoyenneté par l’introduction de l’Instruction Civique. Le rappel des principes de la République et une initiation au fonctionnement des institutions démocratiques de notre pays, sont de nature à les aider à construire cette conscience citoyenne qui semble aujourd’hui leur faire défaut.

3) Histoire et enseignement du fait religieux

Tout au long de sa scolarité, un élève doit acquérir progressivement les deux marqueurs essentiels et inséparables, que sont l’espace et le temps. Etudier le comportement des sociétés  humaines  au fil des siècles dans le cadre d’une nation permet d’approcher ce qui a désuni ou uni les hommes et les peuples,  les moments de faiblesse et les temps de grandeur. L’Histoire, c’est donner à l’élève l’occasion d’exercer son esprit critique, de comprendre la complexité du monde d’aujourd’hui à la lumière de celui d’hier, c’est lui donner le goût de la recherche dans l’exercice du raisonnement. L’Histoire, c’est au travers d’une chronologie maitrisée, la découverte des lignes de force qui unissent un peuple, sculptent son originalité et aident à comprendre celle des autres. L’Histoire d’une nation ou d’un peuple ne se réduit pas aux seules fonctions élémentaires de  survie des individus ou des groupes mais elle met en jeu  aussi la spiritualité humaine. L’Histoire c’est un regard précis et lucide porté sur le passé qui contribue à la cohésion d’une nation et tracer ainsi les chemins qui peuvent unir les peuples.

4) La philosophie

Le programme d’enseignement de philosophie comporte un certain nombre de notions et d’auteurs dont l’étude est propice à une réflexion sur les principes et les fondements de la philosophie : la notion principale « la morale » et ses trois notions associées « la liberté », «le devoir», « le bonheur » mais l’autre notion « la politique » et deux de ses notions associées «la société» et « la justice et le droit ».

– Point fondamental dans cette transmission des valeurs citoyennes : La formation des enseignants

Les éducateurs doivent absolument refuser et combattre toutes les pressions que certains groupes d’élèves ou d’adultes cherchent à exercer sur d’autres élèves ou adultes au nom d’une obligation d’appartenance à une identité particulière. Pour redonner au Maître cette parole formatrice, il faut avant toute chose repenser la formation des maîtres.

La formation est confiée aux Ecoles Supérieures du Professorat et de l’Enseignement (ESPE) intégrées à l’université. Le recul n’est pas suffisant pour apprécier la qualité de la formation dispensée, mais elle doit être une formation de haut niveau, une formation professionnalisante, une formation tout au long du parcours professionnel qui associe formation initiale et formation continue, une formation qui intègre l’outil numérique.

Pour que notre système éducatif retrouve  toutes ses lettres de noblesse, il faut retrouver une culture commune qui allie le sens de l’Etat, la fierté de la mission confiée, l’esprit de corps et une « foi laïque » exemplaire. Il conviendra donc de s’assurer que les futurs enseignants souscrivent bien à ces valeurs.

Conclusion

Nous sommes confrontés à de nouveaux défis, celui de la mondialisation et de son « avalanche » d’informations. Dans bien des milieux, et souvent sans relations avec la situation économique des familles, les notions de reconnaissance d’une autorité basée sur une relation enseignant-enseigné ne sont plus prioritaires. La diversité des « communautés » complique le problème et c’est pour cela qu’il faut réinsuffler un nouvel un nouvel élan à nos principes républicains trop souvent bafoués. Le rôle de l’école est primordial et ceci dès le début de la vie scolaire.

L’école est obligatoire en France. Cela veut dire que ce n’est pas un service public, mais un organe de la République. On l’a oublié parce que l’idéal gestionnaire a remplacé l’idéal républicain dans beaucoup d’endroits et  il est impératif que l’école retrouve les moyens d’avoir une véritable dimension républicaine et ne se contente pas de gérer le réel, mais de l’ordonner suivant une certaine visée ». Cette visée, l’idéal républicain nous l’avons perdue par électoralisme, par fatigue, parce que nous n’avions pas à risquer notre vie pour des idéaux dont nous héritions tous les jours. Nous nous sommes comportés en enfants gâtés de la République. Or les lauriers une fois coupés se dessèchent. Il nous faut donc réintroduire dans l’école une véritable culture humaniste, celle des savoirs et non des compétences « utiles », pour lui rendre toute sa place au cœur de la République. Voilà notre combat et il commence maintenant.

 

André Rongière

Thoiry le 17 Septembre 2016

   

3) Paix et justice sociale par le droit du travail.

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Écrit par Patrick Bolle

Si vis pacem cole justicia,

Mots clés : code du travail; OIT; BIT; Paix civile ; Justice sociale; Recul du droit du travail; concurence juste et parfaite;